Je vous avais parlé, au mois d'avril, du Salon Planète Durable.
J'y avais rencontré Elisabeth Laville (très très brièvement, entre deux de ses groupies!!) et j'y avais acheté la 2e édition de son livre L'entreprise
verte.
Ce livre résume de façon très simple
les enjeux du développement durable tels qu'ils s'appliquent aux entreprises.
Dans un premier temps, Elisabeth Laville explique de façon simple ce qu'est le développement durable, et également ce qu'il n'est pas : une mode !
Elle montre bien comment, dans le contexte actuel, les entreprises n'ont plus d'autres choix que de s'adapter à ces nouvelles contraintes écologiques, humaines, sociales, mais également
institutionnelles et financières.
Par exemple, elle utilise l'exemple d'Unilever, qui commercialise la marque Findus. La surpêche, dont l'entreprise est d'ailleurs coresponsable, menace directement l'entreprise, parce que qui dit
"plus de poisson", dit "plus de vente de poisson pané Findus".
Du coup, le groupe s'est tourné dès 1996 vers le WWF pour mettre en place un label - le MSC, Marine Stewardship Council - de pêche durable; et s'est engagé à ne plus acheté que du poisson issu de
pêcheries certifiées à partir de 2005.
Après une première partie assez générale, l'auteur s'attelle à montrer pourquoi le développement durable doit s'appliquer en entreprise, et quels changements -positifs- feront de l'entreprise
lambda une entreprise "verte".
Elle explique que
le développement durable ne peut venir QUE de l'entreprise, car aujourd'hui, les multinationales comme Total, Unilever, Coca-Cola... ont bien plus de pouvoir
que les états.
Selon elle, il serait donc vain de vouloir diaboliser l'entreprise comme un suppot du capitalisme, et qu'il vaut mieux compter sur son intérêt bien compris, comme Unilever avec son poisson, et
sur sa force de frappe.
Ce que ce livre tend à montrer, c'est que
l'entreprise doit aujourd'hui se réinventer si elle ne veut pas péricliter.
Elle doit développer une vision originale qui lui permettra de se différencier face à ses concurrents, elle doit voir sa mission comme un service et non uniquement des produits, comme le fait par
exemple Nature & Découvertes (mais je ne vous en dit pas plus, allez donc lire le livre!).
Elle doit réinventer son offre : penser les produits dès le départ pour qu'ils soient à la fois utiles et respectueux de l'environnement, des hommes qui les produisent, des hommes qui les
consomment...
Elle doit surtout - et c'est la partie qui m'a le plus intéressé - mettre en oeuvre le développement durable dans l'entreprise de manière globale. Car le développement durable concerne également
:
* Les achats
* Le marketing
* La communication et la publicité
* Les ressources humaines...
Cette question -l'utilité des différents services dans la mise en oeuvre d'une stratégie de développement durable-, c'est quasiment la raison pour laquelle j'avais acheté ce livre.
Je fais partie de ces jeunes qui ont été en école de commerce sans trop savoir pourquoi, qui ont toujours eu (enfin je crois, peut-être que je me trompe) une sensibilité pour ces questions là...
Mais qui hésitent quand même à sauter le pas, à travailler exclusivement pour une ONG ou à créer une entreprise ultra engagée. Parce que je ne sais pas encore précisément ou je vais, justement.
Verdict ? J'ai eu un bon aperçu dans ce livre des applications du développement durable au monde de l'entreprise, le livre est bourré d'exemples qui rendent les théories plus motivantes, et donnent
des idées pour plus tard.
Cela dit, je me suis dit pas mal de fois :
"waw, ça ne serait pas un peu naïf ça ?"
Il ne s'agit pas de contester ce que dit Elisabeth Laville qui s'y connait environ 1000 fois plus que moi...
Mais j'ai parfois l'impression qu'elle ne voit pas, ou ne veut pas voir, les possibilités d'arnaque qui existent du côté de l'entreprise, que la possibilité qu'il y ait du "greenwashing" dans
pas mal de cas ne l'effleure même pas. Pourtant, en ce qui me concerne, une entreprise qui s'engage à ne commercialiser du poisson issu de la pêche durable, qui commercialise les merveilleuses
glaces ben&jerry's et qui à côté contribue par ses achats à la déforestation en Indonésie (
enfin contribuait ! merci
Greenpeace) ... j'ai du mal à y voir un engagement global.
C'est comme mon entreprise qui réduit son empreinte carbone, mais n'a aucune intention de toucher à la composition de ses produits... C'est douteux, disons.
Cet aspect là m'a beaucoup gêné. J'ai eu l'impression qu'on devait se réjouir de trop peu, qu'on saluait toutes les avancées (car il s'agit malgré tout d'avancées) sans se soucier de l'intention
derrière.
Or les intentions ne sont pas des engagements. Si le public se détourne des problématiques humaines et environnementales qui émergent actuellement, combien des entreprises citées dans ce livre
continueront à agir dans l'optique "people, planet, profits" ?
Ce que j'aurai aimé, en définitive, c'est que les exemples se limitent aux entreprises réellement exemplaires. Quand je vois les noms de Monsanto, de Total, ... je doute sur la sincérité de leur
engagement.
Cela dit, malgré ce petit bémol, j'ai trouvé ce livre intéressant, et je le recommande à tous ceux qui maîtrisent les petits gestes écolo au quotidien mais on envie d'appliquer le développement
durable à plus grane échelle, à celle de l'entreprise.
A vos bibliothèques ou librairies !
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